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Le C.G.O.S opérateur de l’action sociale du GHU Paris Psychiatrie & Neurosciences depuis le 1er janvier 2019

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Rencontre avec Jean-Luc Chassaniol, Directeur du GHU Paris et Noémie Schoebel, Directrice des Ressources Humaines à l’occasion de la signature de la convention entre le C.G.O.S et le GHU qui s’est déroulée sur le site Sainte Anne le 25 septembre 2019.

Le 1er janvier 2019, les hôpitaux Maison Blanche, Perray-Vaucluse, et Sainte‐Anne se sont unis pour devenir le Groupe Hospitalier Universitaire (GHU) Paris psychiatrie & neurosciences, 1er acteur hospitalier parisien des maladies mentales et du système nerveux. Leader dans ses domaines d’activité il compte 5 600 professionnels de santé dont 600 médecins.

« C’était techniquement compliqué, et ce processus a suscité sur le plan social beaucoup de discussions avec les partenaires sociaux qui ont abouti, notamment dans le domaine des œuvres sociales,  à un compromis qui je crois a satisfait tout le monde » rappelle Jean-Luc Chassaniol,

La création de ce nouvel établissement impliquait de définir un seul et même opérateur d’œuvres sociales pour les agents issus des 3 établissements fusionnés. La concertation menée par la Direction des Ressources Humaines avec les partenaires sociaux a permis d’opter pour le C.G.O.S, et ce dès 2019. « Cette fusion a été l’occasion de proposer un protocole social ambitieux. Aucune question n’a été éludée : crèches d’établissement, logement, primes, modes d’organisation du travail avec comme pivot la démarche qualité sur la prise en charge médicale, les RTT et évidement la question des œuvres sociales avec le choix du C.G.O.S soutenu par les partenaires sociaux, pour qui le projet de nouvel hôpital avait du sens » insiste Noémie Schoebel.

Le C.G.O.S a évidemment été ciblé mais sans s’interdire de voir les autres opérateurs de l’action sociale au vu des attentes exprimées par le GHU.

« Le C.G.O.S a pour nous a l’avantage, ce qui n’est pas rien, de connaitre parfaitement l’hôpital. C’est le prestataire historique de l’action sociale dans le monde hospitalier. La prestation maladie qu’il propose ainsi que les prestations destinées aux agents dont les revenus sont les plus faibles ont été des points importants dans les critères de choix » indique Jean-Luc Chassaniol.

Ce nouveau partenariat légitime davantage le C.G.O.S mais l’oblige dans le même temps à modifier son logiciel car devant une population qui évolue et se diversifie, il convient d’apporter des réponses ajustées, différentes selon les besoins, voire différentes selon les catégories professionnelles. Le CGOS a d’ores et déjà a accepté de servir les agents retraités, y compris pour ceux ayant achevé leur carrière avant la date de création du GHU. Il est maintenant attendu sur ses propositions en direction du corps médical.

« La force du C.G.O.S nous la connaissons mais il a aussi une faiblesse car il ne couvre pas toute la population hospitalière et des catégories de personnels qui ne bénéficient pas des prestations sociales, en excluant notamment la communauté  médicale qui bénéficiait jusqu’alors de certaines offres de l’Agospap, un des concurrents directs du C.G.O.S aujourd’hui. » insiste  Jean-Luc Chassaniol.

Comment faire du sur mesure et rester fidèle aux principes de parité et de mutualisation qui permettent aux agents de n’importe quel établissement, et ce quel que soit la région, de bénéficier du même niveau de prestations ?

« On ne veut pas forcément un système à la carte mais nous souhaitons en revanche avoir plus de marge de manœuvre sur le choix des prestations et des personnes qui peuvent  en bénéficier. Le fait de dire que tout le monde y a droit est important en faisant évidement une péréquation en fonction des revenus. Il n y a rien de choquant à dire qu’une aide-soignante ait un niveau de prestation plus important qu’un médecin ou une infirmière » souligne tout de même Noémie Schoebel qui rajoute, histoire de bien se faire comprendre « En ce concerne la DRH nous suivrons à la trace mois par mois l’activité du CGOS pour les agents de nos établissements. Et une évaluation sera faite chaque année sur l’efficience du dispositif.».

La messe est dite

Mais à peine 10 mois après leur adhésion Jean-Luc Chassaniol semble plutôt satisfait et rassuré. « Le C.G.O.S nous a beaucoup aidé avec des interlocuteurs qui nous sont dédiés et le fait que les retraités ont été pris en compte dès 2019 a été une bonne chose. Ils ont su nous accompagner. Globalement jusqu’à maintenant  nous n’avons pas de remontées d’insatisfaction, c’est plutôt positif. Ils ont bien saisi notre préoccupation majeure : la communauté hospitalière ce sont tous les acteurs qui font l’hôpital,  médecins compris ».

Ouverts au dialogue mais ferme sur les principes, Jean-Luc Chassaniol sur le fait que «C’est un choix réfléchi mais on n’attendra pas deux ans pour constater que les choses bougent. On veut voir, sentir, mesurer les changements dès maintenant. Nous avons fait le pari que le G.G.O.S va s’adapter car la donne est en train de changer».

La direction du GHU a bien pris la mesure que le C.G.O.S est en train de changer et a engagé une profonde réorganisation de son fonctionnement pour affronter ces nouveaux défis et faire coller son action sociale aux attentes des établissements.

Reste le débat qui fâche sur l’augmentation de la contribution des établissements dans l’hypothèse d’une intégration du corps médical dans l’offre sociale pour tous.

« Ce débat est dépassé car, si l’on se projette à 5 ans, ce sont sans doute les GHT (soit en moyenne de 5 à 10 000 salariés) qui feront des appels d’offres pour la gestion des œuvres sociales, en lien très étroit avec les partenaires sociaux, co-décisionnaires. La mutualisation de moyens se ferait donc au niveau des GHT (avec un socle minimal national) » insiste Jean-Luc Chassaniol qui rajoute pour conclure « C’est une révolution qui est en marche, et il est vital pour le CGOS d’engager la sienne ».

Le CGOS de demain c’est déjà aujourd’hui !

Témoignages recueillis par Brahim Benamar