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Entretien avec Hervé Léon, Président du C.G.O.S

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A l’occasion de ses 60 ans, le C.G.O.S a mené en 2020 une grande enquête « L’action sociale du C.G.O.S, d’aujourd’hui et de demain ».

Quels sont les principaux enseignements de cette enquête ? 

Nous avons d’abord réussi à mener cette enquête auprès de plusieurs publics : les agents, les directeurs d’établissement et les médecins. C’est la première fois que nous organisons une enquête ciblant l’ensemble des acteurs de la fonction publique hospitalière et ce dans des établissements de toutes tailles : GHT, CHU, CH, EHPAD… nous couvrons donc bien tout le champ du C.G.O.S.
Nous avons eu suffisamment de réponses de la part de ces différents interlocuteurs, ce qui donne aux résultats un gage de sérieux. 

On note que les agents ont une très bonne connaissance de ce que le C.G.O.S est en capacité de leur apporter selon leurs besoins. Ceux qui ont des enfants connaissent parfaitement, dans leur grande majorité, les prestations Garde d’enfants, Etudes-éducation-formation, ou encore les loisirs et les vacances…
On peut certes améliorer, mais c’est déjà un très bon résultat. 

Les chefs d’établissement en revanche n’ont pas nécessairement une bonne connaissance du C.G.O.S et de tous les bénéfices qu’il peut leur apporter. Il y a là, à l’évidence, un travail à faire, notamment auprès des directions des ressources humaines. Selon la taille de l’établissement, les besoins ou les problématiques, le C.G.O.S, l’action sociale en général, est un vecteur d’amélioration des conditions de vie au travail de l’agent. La qualité de vie de l’agent à l’extérieur, au travers des loisirs, des vacances, de la culture…, a un retentissement à l’intérieur de l’établissement. Un agent qui va bien dehors ira bien dedans. Comme la formation, l’action sociale est un vecteur dynamique des ressources humaines. 

En revanche, les établissements attendent une communication plus agressive, plus attractive… plus marketée de la part du C.G.O.S. Les chantiers que nous avons engagés avec la dématérialisation du dossier C.G.O.S, les services en ligne… doivent concourir vers cet objectif pour toucher mieux et davantage les agents hospitaliers.

Notre communication devra être différente selon que l’on s’adresse à l’établissement ou à l’agent. 

Notre client final c’est l’agent, mais le vecteur c’est son établissement et à travers celui-ci c’est le chef d’établissement. C’est une dimension commerciale, dans le bon sens du terme, que nous devons développer. 

Le délégué régional, qui anime et gère l’action sociale du C.G.O.S, doit devenir l’ambassadeur du C.G.O.S et être connu de tous les directeurs et DRH des établissements de sa circonscription. Il anime par ailleurs le réseau régional des Contacts C.G.O.S.

40 % des agents considèrent qu’il y a eu une dégradation des prestations servies ces dernières années. Qu’est ce qui peut expliquer pareille insatisfaction ? 

Les agents portent ce jugement au regard de leurs propres besoins. La déception est naturelle car les choses ont changé. Par exemple, la transformation des prestations Petite enfance en Cesu Garde d’enfants est simplement due à une mise en conformité de la règlementation. Dans le même temps, il y a eu des créations de nouvelles prestations qui correspondaient à des demandes nouvelles autour de la présence parentale, du congé de solidarité familial, du handicap. C’est l’évolution naturelle des choses. Quelques prestations ont disparu, remplacées par d’autres qui correspondent aux besoins de notre époque. Certaines ont diminué en montants, d’autres ont augmenté en volume. D’une manière ou d’une autre, chaque décision prise aura des conséquences. Des agents seront contents, et d’autres pas. Toute la difficulté pour nous, je crois, est d’expliquer que la contribution financière des établissements évolue peu au regard des besoins qui eux sont grandissants.

"Il nous revient aussi de reconstruire un autre modèle, plus souple et évolutif, y compris dans ses règles de gestion pour coller à la demande." 

Le C.G.O.S n’est pas qu’une boîte-aux-lettres : c’est aussi un organisme qui s’appuie sur la solidarité. On devra probablement être encore plus présent aux côtés de ceux qui ont le plus de difficultés, et l’être un peu moins ou différemment pour ceux qui ne sont pas dans des formes de précarité.
Les aides exceptionnelles, délivrées au niveau de chaque région, ont une importance capitale pour les agents à des moments sensibles de leur vie. Divorce, endettement, acquisition de logement… y compris à l’occasion de catastrophes naturelles ou climatiques. 

Mais, si le C.G.O.S est solidaire, il est aussi universel en s’adressant à tous les hospitaliers. Tous les agents y ont droit, mais à des niveaux différents. Et ce, en fonction de leur composition familiale, de leurs revenus. Ce sont des interventions modulées notamment par le quotient familial. Mais, il faut être là pour ceux qui en ont le plus besoin sans oublier les autres. 

Une approche plus sur-mesure est demandée par certains établissements. Est-ce que le C.G.O.S est capable de répondre à ce type d’attentes ? 

C’est l’idée que je défends en tant que président du C.G.O.S et qu’on retrouvera peut-être dans la nouvelle convention qui sera négociée avec l’Etat.

Je défends l’idée d’un socle minimum d’action sociale imposé à tous les établissements, qui couvrirait la majeure partie des besoins. Un socle reposant sur la solidarité et l’universalisme. Ensuite, rien n’empêcherait qu’en complément de ce socle minimum un établissement, un groupe d’établissements voire un territoire puisse avoir des demandes spécifiques de prestations ou d’actions. Les caractéristiques sociologiques ou économiques sur les problèmes de logement, de transport… doivent être prises en compte. Elles sont différentes d’une région à l’autre. Nous devons donc envisager des réponses spécifiques ou locales selon les situations ou demandes. Mais il s’agirait là de dispositif optionnel, en plus en quelque sorte. Avec donc des contributions budgétaires supplémentaires. 

C’est ce qu’on pourrait qualifier de « bouquets de services » qui ne viendraient pas en concurrence avec le socle commun qui est l’ADN du C.G.O.S et qui doit rester une base indéfectible

Donc, une action sociale à plusieurs niveaux : un socle minimum suffisamment vaste qui ne remet pas en cause ce qui est servi aujourd’hui et des bouquets de services en fonction de besoins spécifiques ou ponctuels. 

Enquête quantitative réalisée entre juin et juillet 2020 

Agents hospitaliers : 9 804 réponses 
Directions d'établissements : 795 réponses 
Praticiens hospitaliers : 4 115 réponses

Synthèse des Résultats

  • La plupart des agents restent globalement satisfaits du C.G.O.S.
  • La perception d’un vrai point fort du C.G.O.S : son action sociale de qualité, sa prestation Maladie...
  • Le C.G.O.S très attendu par les agents sur des offres de type Comité d’entreprise
  • Des agents et des directeurs preneurs d’une politique de communication plus offensive.
  • Le sur-mesure, un intérêt naissant de nombreux établissements.
  • Une ouverture du C.G.O.S massivement souhaitée par les médecins, essentiellement sur le volet loisirs, culture et vacances