A la Une


Inondations dans l’Aude : le C.G.O.S s’est mobilisé pour répondre à l’urgence.

inondations6

Photo : Emmanuel Grimaut-Andia

En octobre dernier, le département de l’Aude a été frappé par des pluies diluviennes. Dans la tempête, Mickaël Montagné et Coralie Lemineur, agents hospitaliers au CH de Carcassonne, ont perdu leur maison. Le C.G.O.S est à leurs côtés. 

 Du jamais vu depuis 1891. Dans la nuit du 14 au 15 octobre dernier, une centaine de communes de l’Aude sont frappées par des pluies diluviennes. L’équivalent de trois mois de précipitations en seulement quelques heures s’est abattu sur une centaine de communes du département. Résultats : des crues dévastatrices, des dégâts colossaux et un dramatique bilan humain – 15 morts, 95 blessés.

Quelques semaines après le déluge, dans le village de Cuxac-Gabardès, Mickaël Montagné, agent de restauration au centre hospitalier de Carcassonne, et Coralie Lemineur, animatrice à l’Ehpad du centre hospitalier de Castelnaudary, observent leur maison. Du moins ce qu’il en reste. Les images sont fortes. Des arbres ont éventré la bâtisse, fracassant les murs de deux chambres. « Au milieu de la nuit, la pluie et le vent ont emporté plusieurs troncs coupés quelques semaines auparavant et stockés à la lisière du bois qui surplombe notre jardin. Ils ont fini leur course contre notre maison », raconte Mickaël. Chloé, 8 ans, et son frère Matthias, 12 ans, s’en sortent sans égratignure. Un miracle. Coralie, coincée sous les débris, a dix côtes cassées et un pied fracturé. « Tout s’est passé tellement vite. On se réveille dans la poussière, seuls les éclairs illuminent la pièce. Puis on réagit », témoigne encore le père. La famille se réfugie chez un voisin, avant que Coralie ne soit transportée à l’hôpital de Castres (celui de Carcassonne est alors inondé).

Le lendemain, le réveil est difficile. « Nous avons tout perdu », résume Mickaël.
La solidarité du C.G.O.S se met alors en action. « Notre rôle est de réagir vite. Face à l’urgence, le C.G.O.S a porté l’aide financière exceptionnelle non remboursable de 900 à 1 100 euros », détaille Gilles Gadier, président du C.G.O.S Languedoc-Roussillon. Coralie et son mari perçoivent chacun ce montant. « Une première aide précieuse. L’argent nous a permis d’acheter des vêtements pour toute la famille », explique Coralie. Dans le département, 120 agents hospitaliers ont été touchés par les inondations dans les communes de Trèbes, Villegailhenc, Saint-Denis ou encore Carcassonne.

« Notre rôle est aussi de prendre des nouvelles, d’écouter, rassurer nos collègues hospitaliers », Gilles Gadier, président du C.G.O.S Languedoc-Roussillon.

Le C.G.O.S a déjà attribué 130 708 euros d’aides financières.

Un supplément de 400 euros sera attribué au cas par cas dans les prochaines semaines. « Notre rôle est aussi de prendre des nouvelles, d’écouter, de rassurer nos collègues hospitaliers. La communauté hospitalière s’est mobilisée pour collecter des vêtements, héberger des sinistrés, déblayer les décombres », poursuit Gilles Gadier. La suite ? Comme de nombreux sinistrés, Mickaël Montagné et Coralie Lemineur attendent les résultats d’expertise des assurances. Leur maison peut-elle être reconstruite ? Ce n’est pas sûr. « De toute façon, on ne se voit pas y revivre, pas après ce qui s’est passé », lance Mickaël. En attendant, ils se sont installés chez les parents de Mickaël, qui vivent aussi à Cuxac-Gabardès. « Dès que le vent souffle où qu’il pleut trop fort, nous ne sommes pas sereins, on s’éloigne des fenêtres », lâche-t-il. La reconstruction sera aussi psychologique.

Complément’air