A la Une


Inondations dans l'Aude : la solidarité du C.G.O.S en action.

inondations5
Sur une centaine d’hospitaliers sinistrés (chiffre provisoire) travaillant au CH de Carcassonne, qui habitent dans les communes de Trèbes, Barbaira, Villegailhenc, Cuxac Cabardes, Saint-Denis et Carcassonne, durement touchées par cette catastrophe climatique, près de 60 d’entre eux ont d’ores et déjà vu leur situation prise en compte par la Commission des aides et secours du C.G.O.S Languedoc-Roussillon.

Interview de Gilles Gadier, Pdt du C.G.O.S Languedoc-Roussillon pour faire le point des actions engagées.

Pouvez-vous dresser un constat suite aux inondations qui ont eu lieu dans la nuit du 14 au 15 octobre 2018 et nous confirmer que parmi les 14 victimes et les 70 blessés qui ont été dénombrés par les autorités figurent des hospitaliers et leurs proches ?

Oui des hospitaliers ont été touchés et ont perdu des proches, et même pour certains leurs enfants. Aussi je tiens avant tout à souligner le caractère particulièrement dramatique des conséquences de cette catastrophe  et présenter au nom du C.G.O.S, de son comité régional mais également de l’ensemble des salariés de la délégation régionale mes sincères condoléances aux hospitaliers qui ont été touchés.

Quelles dispositions avez-vous immédiatement prises pour répondre aux besoins des sinistrés

Cette catastrophe sans précédent a créé de gros préjudices et il était évidemment de notre rôle de réagir très rapidement. La communauté hospitalière s’est mobilisée dans son ensemble et ce de  différentes manières allant de la collecte de vêtements à l’hébergement chez l’habitant. Nous avons  nous-même prêté main forte pour déblayer des décombres chez les hospitaliers durement touchés.

Le Comité régional du C.G.O.S a pris la situation à bras le corps en lien avec le CGOS national dès que l’état de catastrophe naturelle a été décrété pour les 126 communes touchées. Une réunion exceptionnelle s’est tenue immédiatement et décision a été prise de porter de 900 à 1 100 euros l’aide financière exceptionnelle non remboursable avec un plafond à 1 500  euros.

La solidarité est un des fondements qui a prévalu à la création du C.G.O.S. Sa réactivité en pareille circonstance donne encore plus de force à ce principe. En ce sens je tiens à remercier l’ensemble des administrateurs du comité régional mais également l’ensemble des salariés de la délégation de Montpellier. Il ne se passe pas une journée depuis 2 semaines sans  que je valide des demandes de secours.

Vous vous êtes-vous même rendu sur les lieux pour prendre la température et rencontrer les agents sinistrés.

Je rappelle que le centre hospitalier de Carcassonne a été inondé et resté inaccessible durant une nuit. En ce sens, il est à souligner que les agents présents ont du rester au travail faire oeuvre d'effort important pour éviter que les malades soient impactés.

Les hospitaliers ont été touchés à la fois sur leur lieu de travail dans le cadre de leur exercice professionnel mais également sur le plan humain avec pour certains collègues la perte de proches, de leur habitation, véhicule…
A titre personnel et comme hospitalier habitant cette région je n’ai jamais assisté à une telle catastrophe. C’est même sans commune mesure avec les intempéries de 1999 en termes de destructions de biens et évidemment de pertes humaines.
Sur place c’était un spectacle de désolation avec des images terribles qu’on ne peut plus oublier. Des murs de clôture abattus, des maisons dévastées… On est allé aider une collègue dont la maison n’avait plus que quelques cloisons qui tenaient par miracle. Eviers, lavabos, meubles, réfrigérateur, machine à laver, armoires… tout est parti !
Un de nos collègues a vu le ruisseau passer dans sa cuisine. Elle a évidemment tout perdu et n’envisage même plus un jour de revenir habiter dans cette maison tant le choc a été brutal.

C’est dire la violence de cette catastrophe climatique !

C’est aussi un traumatisme psychologique et dans ce sens notre aide n’est pas que financière. La solidarité du C.G.O.S s’exprime aussi par notre présence en tant que collègues hospitaliers. Il faut aussi rassurer, remonter le moral, les appeler et les rappeler au téléphone pour s’assurer qu’ils ne manquent de rien. Il faut juste comprendre que certains n’ont plus de vêtements à se mettre.
L’aide d’urgence du C.G.O.S a été orientée prioritairement vers les agents qui n’ont plus rien en attendant le relais de l’Etat et des compagnies d’assurances. Cela leur permet, ne serait-ce que d’aller au magasin pour se vêtir, payer leur chambre d’hôtel parce que tout le monde n’a pas de la famille sur place ou un habitant qui l’héberge

Quels retours vous avec de l’expression de cette solidarité et comment elle a été perçue par les agents ?

Elle est saluée de manière unanime et cela me réconforte dans l’idée que la valeur principale du CGOS est bien la solidarité. Ce n’est pas un vain mot dans ce type de situation. On est dans le concret et sur le terrain. Le CGOS est partie prenante dans la vie des hospitaliers.

La solidarité avec les hospitaliers a fonctionné  à plein régime. Tout le monde s’est mobilisé pour aider à déblayer les décombres. Nous sommes allés aux endroits les plus touchés. Chez certains hospitaliers on avait 2 à 3 m d’eau dans la maison. C’est difficilement imaginable. Les agents ont ressenti une reconnaissance de leur sinistre et une solidarité qui s’est exprimée concrètement. Donc au-delà du montant que nous allouons et qui peut paraitre symbolique au regard des pertes subies, ils se sont sentis aidés dans leurs malheurs.

Propos recueillis par Brahim Benamar le 28 octobre 2018.